Note : il vous est
possible d'obtenir une image en plus haute résolution
(dimensions 2 fois plus grandes)
en cliquant sur chacune des images de cette page. Les cartes ont été numérisées
à une résolution de 300 points par pouce.
Je m'intéresse ici au cours du Rhône entre Orange et Avignon.
Cette partie du cours du Rhône est visible sur la carte numéro 81, plis 11 et
12. Les extraits ci-dessous couvrent environ les deux tiers de cette surface,
centrée sur l'axe Orange-Avignon qui est à peu près au centre des deux plis.
Sur cette portion de son cours, le Rhône se sépare plusieurs fois en deux bras,
formant par conséquent de grandes îles. La plus connue est très certainement
l'île de la Barthelasse, juste au nord d'Avignon et, de nos jours, faisant
partie de la ville.
Au nord d'Avignon, le village de Pujaut était autrefois bordé d'un étang.
Celui-ci a été asséché au début du XVIIème siècle afin de disposer d'une plus
grande surface de terres agricoles.
Sur la carte de 1936, l'information que ces terres proviennent d'un étang
asséché est présente - n'étant pas familier de cette région, c'est par cette
carte que j'ai appris l'existence de l'ancien étang, avant de me documenter plus
en détail.
Le petit presque-carré orange sur le site de l'ancien étang, correspond à
l'aérodrome de Pujaut.
Sur la carte de 1955, il n'est plus fait mention de l'existence d'un ancien
étang (asséché après tout depuis plus de trois siècles). L'aérodrome a quadruplé
de surface.
Plus au nord, on peut constater que le bac entre Roquemaure et Orange a été
endommagé (ou détruit) pendant la guerre et n'est pas encore remis en état.
La carte de 1974, dressée dans un style plus moderne, fait apparaître la
site nucléaire de Marcoule, tout au nord, entre Orange et Chusclan, ainsi que
les autoroutes A7 et A9.
Mais surtout, l'un des bras du Rhône autour de l'île de l'Oiselet, à l'ouest de
Sorgues, n'apparaît plus !
L'on serait tenté de croire que ce bras a été asséché afin de réunir l'île à la
terre ferme. Or, il n'en est rien. De plus, la carte porte tout de même un mince
trait à l'emplacement du bras du Rhône.
J'ai dans un premier temps considéré ceci comme une erreur lors du tracé de la
carte, ou envisagé que son levé aie eu lieu pendant une période de basses eaux
exceptionnelles, réduisant ce bras du Rhône à un fin ruisseau.
Cependant,
l'absence de mention de l'île, contrairement aux îles voisines (du Colombier, de
la Piboulette, de la Barthelasse) renforce l'idée d'une erreur ou omission.
La véritable raison est toute autre. Des petits barrages ont été construits sur
le Rhône, en particulier le barrage de Sauveterre, au sud de l'île de l'Oiselet.
En modifiant l'écoulement du fleuve, le bras ouest qui forme l'île de l'Oiselet
s'est fortement rétréci. Même si l'île existe encore en tant que telle, la
largeur de ce bras ouest n'excède jamais 100 mètres, et est souvent en dessous
de 50 mètres, alors que la largeur de l'autre bras est d'un peu plus de 400
mètres.
Ceci ne peut que m'encourager à obtenir des éditions de cette carte entre 1955
et 1974, afin d'observer l'évolution de la cartographie de cette île au fil du
temps. À suivre !