Les cartes routières, témoins de leur temps
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Les destructions de la guerre

La deuxième guerre mondiale n'a pas épargné le territoire français. Les cartes routières, en particulier celles de 1945 et 1946, en portent les stigmates.

Dès 1945, des cartes spéciales du même type que les anciennes cartes « État des routes », nommées « Routes et Ponts », indiquent les routes impraticables et les ponts détruits. Ici, quatrième de couverture de la carte numéro 51 de 1945.

Sans surprise, c'est la Normandie qui aura le plus souffert. Ci-dessous, les environs de Caen, carte numéro 55 de 1945. Reportez-vous à la légende de 1955 sur la page dédiée pour l'interprétation des cercles et aplats rouges.

Sur la même carte, un ajout à la légende indique des zones vastes et non encore déminées dans le département de l'Orne :

En voici quelques-unes au sud de Livarot.

Bien entendu, la quasi-totalité des littoraux sont minés. Dans l'estuaire de la Gironde, les environs de Royan en Charente-Maritime ont été copieusement minés, mais c'est sans doute pire en Gironde, puisque la pointe du département est marquée comme zone interdite, sur la carte numéro 71 de 1946...

En Alsace, les zones minées sont également très nombreuses et très étendues. Sur la carte numéro 87 de 1945, voici les environs de Mulhouse. La zone minée autour de Strasbourg est encore plus importante et dépasse la taille d'une feuille A4 sur la carte...

Dans les Alpes, près de la frontière avec l'Italie, quelques points de passage de la frontière ont été minés, des deux côtés, comme le montre ici la carte numéro 77 de 1946.

À la même époque, les cartes d'Allemagne sont modifiées pour indiquer les zones d'occupation française, anglaise, américaine et soviétique, comme l'indique la deuxième page de couverture de la carte numéro 56 de 1946.

La reconstruction sera lente. Ici, dans la région de Metz, sur la carte numéro 57 (hasard de la numérotation !) édition 1953, il y a encore fort à faire.

Peut-être le plus horrible, ce seul rond rouge sur ce fragment de la carte numéro 72, édition 1948, signale la tragédie d'Oradour-sur-Glane.
Suite : l'aéroport de Roissy